Savoirs en prisme
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<p style="border: 0px; font-family: Enriqueta, georgia, serif; font-size: 15px; font-style: normal; font-weight: 400; margin: 0px 0px 2.4rem; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #36312d; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgba(255, 255, 255, 0.95); text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;">La revue électronique à comité de lecture <em style="border: 0px; font-family: inherit; font-size: 15px; font-style: italic; font-weight: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline;">Savoirs en Prisme</em> (issn : 22607838) est née d’un questionnement sur l’usage des concepts qui sont introduits dans une discipline et qui ont mûri au contact d’un autre champ de recherche : études sur la civilisation, les langues, les arts visuels, la philosophie, la littérature ou la linguistique. Les séparations entre les domaines sont parfois ténues et la recherche se doit d’y pratiquer des percées. C’est la réflexion sur les limites entre les savoirs – que révèlent davantage encore les langues et les cultures –, sur les tensions entre les emprunts et les inventions conceptuelles, qui fonde l’esprit de la revue.</p> <p style="border: 0px; font-family: Enriqueta, georgia, serif; font-size: 15px; font-style: normal; font-weight: 400; margin: 0px 0px 2.4rem; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #36312d; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgba(255, 255, 255, 0.95); text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;">La ligne scientifique de la revue consiste à susciter un espace de discussion et de transmission entre les disciplines à partir de notions interrogeant diverses aires. Cet objectif transdisciplinaire est d’assumer la multiplicité des méthodes et des approches théoriques, de penser les emprunts conceptuels (<em style="border: 0px; font-family: inherit; font-size: 15px; font-style: italic; font-weight: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline;">travelling</em> <em style="border: 0px; font-family: inherit; font-size: 15px; font-style: italic; font-weight: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline;">concepts</em>, savoir en mouvement). Toutes les entreprises exploratoires mettant à l’essai la perméabilité des disciplines sont au centre des investigations entreprises. A l’accueil de plusieurs langues s’ajoute la possibilité de présenter des études collaboratives.</p> <p style="border: 0px; font-family: Enriqueta, georgia, serif; font-size: 15px; font-style: normal; font-weight: 400; margin: 0px 0px 2.4rem; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #36312d; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgba(255, 255, 255, 0.95); text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;">Gérée aujourd’hui par des chercheurs de différentes équipes, la revue a été créée par deux membres du CIRLEP, université de Reims Champagne-Ardenne (Françoise Heitz et Florence Dumora). A partir de 2017 la périodicité de sa publication passe à deux numéros par an.</p>CIRLEP Université de Reims Champagne-Ardennefr-FRSavoirs en prisme2260-7838Introduction
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Florence DumoraEstelle Garbay-VelázquezCécile IglesiasFlorence Madelpuech-ToucheronChristine OrobitgSarah Pech-Pelletier
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2025-12-312025-12-312011410.34929/sep.vi20.321Les auteurs
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de ce volume
Copyright (c) 2025 de ce volume
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2025-12-312025-12-3120151810.34929/sep.vi20.322Théoriser l’intimité : le discours sur les émotions dans l’Espagne de la première modernité
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<p>Les émotions relèvent, par essence, de l’intime : les dévoiler c’est dévoiler une vie psychologique personnelle, qui se cache dans les replis de l’âme. La présente contribution se propose d’analyser la représentation des émotions dans les textes doctrinaux de l’Espagne de la première modernité, plus précisément dans les traités des médecins, des philosophes et dans les ouvrages de vulgarisation scientifique. Afin de nous démarquer de l’abondante bibliographie existant sur l’histoire des émotions nous nous attacherons à considérer la dimension corporelle des émotions : comment est-elle représentée, et même parachevée, par les théoriciens des passions qui écrivent dans l’Espagne des xvi<sup>e</sup> et xvii<sup>e</sup> siècles ? Notre contribution montrera également que la représentation des émotions dans l’Espagne de l’époque moderne se fait sous la forme d’un véritable système, autrement dit une représentation cohérente, ordonnée à travers un ensemble de relations dialectiques d’opposition et d’analogie. Enfin, notre analyse du discours sur les émotions mettra l’accent sur la dialectique du visible et de l’invisible, ce qui nous ramène de manière centrale à la thématique de l’intime : comment ces textes décrivent-ils l’invisible ? Quelle vision nous donnent-ils de l’intimité physiologique lorsque le sujet ressent une émotion ?</p>Christine Orobitg
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2025-12-312025-12-3120213610.34929/sep.vi20.308Faire voir l’intimité de la procréation dans le discours médical du Siècle d’or : stratégies rhétoriques
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<p>Dévoiler les secrets de la procréation, exposer ses instruments et mécanismes tout en respectant le cadre des bienséances : tel fut l’un des objectifs du discours médical du Siècle d’or espagnol. Ce discours était en effet fortement imprégné de morale : représenter l’intimité se faisait dans la pudeur. Comment transmettre un savoir concernant certaines parties du corps et des fonctions naturelles que l’on invitait à dissimuler ? Comment parler décemment sans altérer la fonction pédagogique première du discours de divulgation scientifique ? L’objectif de cet article sera de rendre compte des stratégies rhétoriques utilisées par les médecins pour réussir leur entreprise d’exposition des mystères de la procréation ainsi que de ses échecs. Nous constaterons que l’étude du positionnement de l’auteur permet de révéler comment était pensée l’intimité de la procréation. L’analyse des stratégies rhétoriques d’évitement, d’atténuation et de légitimation du propos nous permettra également de comprendre comment le discours a réussi à ne pas basculer dans l’impudeur. Enfin, nous observerons que parler sur un mode figuré était un moyen de dévoiler l’intimité. Les procédés lexicaux tels que l’utilisation des tropes, au-delà de leur fonction explicative et descriptive, ont en effet permis aux auteurs d’atténuer des réalités jugées déplaisantes.</p>Carole Tomasenski
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2025-12-312025-12-3120374910.34929/sep.vi20.309Le diariste réticent : dépister l’intime dans le Journal de Gouberville
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<p> Le <em>Journal</em> de Gilles de Gouberville passe pour être un répertoire neutre et impersonnel de chiffres et d’épisodes. Le genre de l’ouvrage – qui est un livre de comptabilité – et le caractère de son auteur – vieux garçon timide et méfiant – contribuent à soustraire les recoins de son âme à notre curiosité. La pratique suivie de ses notes et l’attention aux moindres écarts de son écriture, repérables dans la texture uniforme du registre, nous permettent toutefois de séparer ce qui touche à sa sphère privée de ce qui ne le concerne qu’extérieurement : autant de traces significatives d’une intimité qui, pour se distinguer de celle dont font état les ouvrages majeurs de la Renaissance, est peut-être encore plus représentative de l’univers mental de l’époque.</p>Valerio Cordiner
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2025-12-312025-12-3120537110.34929/sep.vi20.310L' intime entre les lignes : les artistes et les écrits du for privé
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<p>Le nombre relativement modeste d’écrits intimes d’artistes a fait qu’il n’existe aucune synthèse, en histoire de l’art, sur les écrits personnels d’artistes et que ces derniers ont souvent été sous-exploités par les chercheurs de cette discipline. Or, utiliser les écrits du for privé comme une source de l’histoire de l’art, c’est associer une démarche positiviste, qui s’attache aux faits d’expérience à une histoire de l’intime, des sentiments et de la construction de soi. S’attacher à « cette vieillerie, le réel » et « à ce qui s’est authentiquement passé », selon les termes de l’historien Carlo Ginzburg, c’est aussi porter un éclairage essentiel sur les conditions de vie et de création des artistes. À travers l’inventaire et l’analyse de différents écrits d’artistes publiés, puis en s’attachant plus particulièrement au livre de raison de Joseph Vernet (1714-1789), nous examinerons les usages qui peuvent être faits des écrits intimes en histoire l’art.</p>Émilie Beck Saiello
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2025-12-312025-12-3120738510.34929/sep.vi20.311« A pau de cry ». Lecture et murmure dans la littérature amoureuse de la fin du Moyen Âge
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<p>L’étude, qui fait dialoguer le <em>Voir Dit</em> avec la production de la fin du Moyen Âge, tente de dépasser le pragmatisme pour étudier l’imaginaire, voire la poétique du filet de voix. En se concentrant sur la lecture à mi-voix, elle envisage le murmure comme érotique, vecteur d’une forme de corpo-réalité, et questionne la posture des amants qui trouvent du plaisir, s’écoutent lire et s’écoutent aimer sur une scène intime où la performance de lecture est jouée par des acteurs qui sont leurs propres spectateurs. La lecture ne relève donc pas seulement de l’intime en tant qu’elle cherche à échapper aux médisants ou parce qu’elle est source d’excitation, mais aussi parce qu’elle conduit à une fragmentation du sujet, qui devient, potentiellement, son propre objet de désir. Les XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles, marqués par le déclin des idéaux courtois et l’essor de l’auctorialité, interrogent la diffusion d’un sentiment qui s’avère plus bruyant qu’escompté.</p>Tristan Fourré
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2025-12-312025-12-31208910310.34929/sep.vi20.313La maison de Celestina ou la perpétuelle recomposition de l’intime (1502-1542)
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<p>C’est la maison de Celestina, telle qu’elle se fait jour dans l’œuvre originelle et ses trois premières continuations (Feliciano de Silva, Gaspar Gómez et Sancho de Muñón), qui est au cœur de cet article. Lieu diégétique pérenne et garant de la continuité cyclique nécessaire à la bonne compréhension d’œuvres qui investissent et enrichissent un univers fictionnel préexistant, la maison de l’entremetteuse – et c’est là l’un de ses paradoxes et ce qui fait qu’elle nous échappe en partie – donne l’impression de constituer un espace aux limites mouvantes, sans cesses repoussées ; un espace que les continuateurs modulent à l’envi, au gré des vicissitudes de l’intrigue et, en particulier, des besoins d’intimité des uns et des autres. Elle est le théâtre d’une perpétuelle recomposition spatiale et symbolique de l’intime, d’un voilement / dévoilement successif, qui ne manque pas de renvoyer à une réalité extralittéraire du temps. La conception de cet espace domestique qui tient à la fois du dedans et du dehors ne doit-elle pas être reliée à un mouvement plus général, propre à l’Espagne de la première modernité, un mouvement de spécialisation et de délimitation croissantes des espaces domestiques et, plus largement, de conquête progressive de l’intimité dont se font écho les historiens ?</p>François-Xavier Guerry
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2025-12-312025-12-312010512810.34929/sep.vi20.314Aux frontières de la honte. Du discours intime au bruit du public dans la Pincture de mœurs de Marie de Gournay
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<p>Cet article analyse la stratégie d’écriture de Marie de Gournay dans sa <em>Pincture</em> <em>de mœurs</em> (1616) et dans d’autres textes à caractère autobiographique. Victime de calomnies à la cour, l’autrice ose transgresser les conventions en exposant publiquement les pensées de son for intérieur, transformant la honte ressentie en arme rhétorique. S'inspirant de Montaigne et de Dante, elle justifie le recours à l’autoportrait par la nécessité d'éviter l'infamie et de partager son expérience rare de femme écrivain. En refusant la « mauvaise honte » qui entraverait son écriture, Gournay se libère des contraintes sociales féminines et construit une figure combative. Son discours intime devient un acte de résistance qui désactive le pouvoir de la rumeur en lui permettant de prendre directement la parole contre les préjugés misogynes.</p>Mawy Bouchard
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2025-12-312025-12-312012914210.34929/sep.vi20.312Le crâne comme miroir de l’intime dans l’iconographie des XVIe et XVIIe siècles (gravures d’emblèmes et peinture)
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<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">Le crâne et le miroir sont deux motifs iconographiques présents dans les gravures d’emblèmes mais aussi dans les peintures de Vanités ou les portraits de pénitents (pour le crâne). Le néostoïcisme, qui connaît un important renouveau dans la période qui nous intéresse, insiste sur la connaissance de soi comme remède au péché. Le miroir en particulier apparaît comme un instrument privilégié de cette connaissance, au-delà de l’objet de toilette qui flatte la vanité de celui qui s’y contemple. Et le crâne, symbole universel de ce que l’homme est destiné à devenir, s’il apparaît parfois dans ce miroir, comme une mise en garde faite au fidèle contre les vanités de ce monde, peut aussi s’y substituer. Ce travail propose d’examiner la dialectique du crâne et du miroir dans leurs relations à l’intime, dans une iconographie qui sert au mieux le message de la Réforme catholique, mais qui révèle aussi un idéal spirituel d’intimité avec le divin.</span></p>Gloria Bossé-Truche
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2026-03-172026-03-172014516010.34929/sep.vi20.317Les intimités dans « Suzanne et les vieillards »
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<p>Le succès de Suzanne et les Vieillards en peinture, à une période où le nu fait l’objet de diverses attitudes ou réactions morales et esthétiques en Europe, nous a amenée à nous interroger sur le sens que peut avoir la prédilection pour la scène de la toilette au regard de l’intime et de l’intimité, explorée par les peintres. Notre corpus, qui comprend des œuvres picturales de quatre pays, nous a permis d’analyser non plus la seule nudité dans son rapport au voyeurisme mais l’approche émotionnelle du personnage féminin comme objet de regards emboîtés (du spectateur et du peintre) sur l'intimité comme espace protégé et réservé du corps et sur la violation de cet espace. Ces regards sont autant d'interrogations venant de l'artiste et, sans doute, de voies entrouvertes sur sa propre intimité.</p>Florence Dumora
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2025-12-312025-12-312016118210.34929/sep.vi20.318Figures du seuil : les limites de l’intime dans la peinture italienne des XVIe et XVIIe siècles
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<p>Apparu en même temps que la peinture narrative, permettant de dédoubler le cadre du tableau, indissociable des représentations d’intérieur, le motif du seuil, souvent accompagné de la figure humaine, évoque les limites entre les différents espaces de la maison et son organisation. En croisant l’analyse des œuvres représentant des seuils avec des traités d’architecture et d’économie, cette étude questionne les limites entre espaces de représentation et espaces intimes dans les demeures italiennes du xvi<sup>e</sup> siècle au xvii<sup>e</sup> siècle. Sans évoquer spécifiquement l’intime ou l’intimité, ces trois sources mettent en évidence, tant dans ce qui est dit ou montré que dans les absences, l’existence de stratégies visant l’intime dans les demeures italiennes d’alors.</p>Mathilde Legeay
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2025-12-312025-12-312018320410.34929/sep.vi20.315La mise en scène de l’intime dans le boudoir, reflet des influences réciproques entre littérature et architecture au XVIIIe siècle
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<p>Le boudoir, par sa taille, sa décoration et sa place dans la distribution, appartient aux pièces qui correspondent, dès le début du xviii<sup>e</sup> siècle, à l’émergence d’une sphère intime dans l’espace domestique. Il est cependant caractérisé par une dualité entre ouverture et fermeture qui le rend propice à la mise en scène de cette intimité nouvelle. Cela en fait un motif privilégié des romans sensibles et libertins qui l’érigent en <em>topos</em>, tirant profit de cet aspect duel tant pour sa théâtralité potentielle que pour les facilités qu’il offre en termes de narration. Le boudoir devient l’allégorie d’une tension entre un espace mondain et un espace intime, dont l’avènement est mis en scène. Sans pouvoir être considérés comme le témoignage fidèle des mœurs d’une époque, les romans sont le reflet des valeurs attachées à l’espace domestique, encore marquées par l’exigence aristocratique de la représentation. Signe que les auteurs savent capter les attentes des contemporains, les boudoirs de romans deviennent à leur tour les modèles de réalisations réelles. Ces influences réciproques s’observent notamment dans la manière dont romanciers et architectes interprètent le thème de la nature. Celui-ci, cher au Grand Siècle, est signifiant car il est attaché à l’idée de retraite. Or, cette dernière, parce qu’elle permet l’expérience de l’isolement, contribue à l’avènement du concept d’intimité. Tant en littérature qu’en architecture, les motifs inspirés de la nature sont ainsi chargés d’une dimension symbolique que théoriciens, auteurs et architectes mettent tour à tour à profit. La recomposition des effets de la nature dans un cadre artificiel (tant celui du roman que de l’architecture) devient alors le support de réflexions sur les rapports entre le réel et le factice.</p>Ariane Kozlowski
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2025-12-312025-12-312020523210.34929/sep.vi20.319Autour d’un portrait inédit du prince Don Carlos : une intimité dévoilée ? Les enjeux de la représentation du visage royal
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<p>Cet article examine la récente identification d’un portrait inédit du prince <em>Don Carlos</em>, fils aîné de Philippe II, attribué à Antonio Ricci et conservé au <em>Real Colegio-Seminario de Corpus Christi </em>à Valence. Commandée en 1592 par Juan de Ribera, cette œuvre introduit une singularité iconographique en optant pour une représentation fidèle des malformations physiques du prince. La notion d’intimité, associée à ce qui échappe au regard collectif, occupe ici une place centrale. Dans le cadre du portrait royal, les difformités ou imperfections devaient demeurer cachées pour ne pas compromettre, pouvoir et dignité. Ainsi, loin de se conformer aux principes du <em>decoro</em>, cette œuvre interroge la capacité du portrait à révéler une part de l’intime tout en participant à la mise en scène stratégique du pouvoir royal dans l’Espagne moderne. En dévoilant cette intimité corporelle, ce portrait semble illustrer une tension fondamentale entre les normes sociales et artistiques imposées par la bienséance et la vraisemblance du modèle. Nous nous interrogerons sur l’importance et les implications du dévoilement de ce corps. Ces omissions, orchestrées par Philippe II, soulèvent des questions : s’agissait-il d’une stratégie pour protéger la légitimité et l’autorité dynastique, ou d’un geste dicté par une pudeur royale reflétant une relation complexe entre le père et le fils ? Pourquoi, vingt-quatre ans après la mort du prince, dans un contexte dominé par les idéaux de bienséance, choisit-on de représenter avec fidélité un corps royal marqué par des malformations physiques ? En confrontant ce tableau aux sources iconographiques, historiographiques et médicales, cet article propose d’examiner comment ce portrait illustre une tension entre l’intime et le public, entre l’histoire (fidélité au modèle) et la fiction (construction idéalisée).</p>Maëva Challies-Sanchez
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2025-12-312025-12-312023325810.34929/sep.vi20.3161905-2025. Abécédaire des langues néo-latines, Claude Le Bigot, Catherine Heymann (coord.), Revue des langues romanes : littérature et civilisation, 119e année, II, n° 413, juin 2025, 189 pages
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Stanis Perez
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2025-12-312025-12-312026126210.34929/sep.vi20.320Cognition des relations humaines dans Intouchables : une analyse psycholinguistique multimodale du langage, du geste et du regard
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<h3><span style="font-weight: 400;">Cette recherche examine comment langage, geste et regard interagissent pour façonner la cognition des relations humaines dans le film <em>Intouchables</em>. Alors que la psycholinguistique s’est surtout attachée à l’oral, à l’écrit et à l’acquisition des langues, le cinéma demeure un champ encore peu étudié malgré son potentiel multimodal. En mobilisant la grammaire générative transformationnelle de Chomsky et le modèle MDB-GSG (parole, geste, regard), l’étude analyse quinze séquences dialogiques du film, segmentées et annotées selon une grille de catégorisation multimodale, afin d’identifier les structures profondes et de surface, les transformations syntaxiques ainsi que les fonctions interactionnelles des indices non verbaux. Les résultats montrent que l’humour constitue un mécanisme cognitif et interactionnel majeur, capable de désamorcer la stigmatisation et de consolider la complicité entre Philippe, aristocrate tétraplégique, et Driss, aide-soignant issu de l’immigration. L’analyse révèle que l’ambiguïté syntaxique, lorsqu’elle est amplifiée par les gestes et les regards, produit des effets d’intimité et de solidarité qui transforment la différence en rapprochement. En articulant syntaxe et multimodalité, cette étude propose un cadre analytique transférable, contribuant à renouveler les débats contemporains en psycholinguistique et en études filmiques.</span></h3>Matthew Adekunle
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2026-04-162026-04-162013514010.34929/sep.vi20.307