Appel à contribution n° 17

2021-06-28

Construction d’une anthropologie des arts et des savoirs dans la représentation (peinture, dessin, sculpture, et leur rapport à la littérature) dans le monde hispanique des XVIe et XVIIe siècles

Coordination par Florence Dumora et Florence Madelpuech Toucheron

Le présent numéro propose de réfléchir sur les représentations iconographiques en tant qu’elles reflètent / expriment une conscience historique, sociale et épistémique de la part de leurs auteurs, dans l’Espagne, l’Amérique coloniale, le Portugal et les Flandres, pendant les XVIe et XVIIe siècles. Cette interrogation visera à mettre en rapport le plus possible l’expression littéraire (textes théoriques ou réflexions artistiques présentes dans divers écrits) d’une telle conscience avec la production dans les Beaux-Arts.

L’on sait que la Renaissance (comprise avec ses prolongements) constitue une époque de réévaluation de la place de l’homme dans l’univers. La conscience de l’extension des capacités intellectuelles et spirituelles s’accroît alors à mesure que s’élaborent de nouveaux savoirs, autour d’objets, non pas nouveaux, mais sur lesquels la pensée se renouvelle. Dans cette même période, la peinture, le dessin, les plans et les cartes – quoique répondant à des motivations et à des buts très différents – se développent et sont théorisés ou bien sont issus de calculs et d’expériences exploratoires. Que disent-ils de ces nouveaux savoirs et comment le disent-ils, d’une aire géographique à l’autre du monde hispanique ? Que disent-ils de la société et de tout ce qui la structure ou, au contraire, la désorganise ? On pourra s’intéresser ainsi aux scènes de genre, aux métiers et corporations, aux jeux et aux fêtes incluant des figures de saints patrons à traiter d’un point de vue profane, désacralisé, eu égard à leur représentativité d’un lieu précis.

Si l’on se souvient que parmi les grands principes conceptuels qui régissent la pensée de l’époque figurent l’analogie et la concordia oppositorum mais aussi le perpetuum mobile et la transformation des êtres, on peut se demander dans quelle mesure ils ont influencé les arts iconographiques et ont été rendus visibles.

Axes d’étude :

- le paysage, le paysage urbain y compris les cartes, plans, représentations emblématiques des villes

- arts du jardin

- la peinture historique (sauf les portraits des souverains en tant que tels)

- les métiers et les scènes de genre

- les portraits de bouffons

- les anges qui, par exemple, dans la peinture coloniale, présentent une identité de type analogique et les saints patrons (par exemple, restauration des saints patrons sculptés ou peints dans Peribáñez y el comendador de Ocaña, de Lope de Vega)

Bibliographie indicative

Ámbitos artísticos y literarios de sociabilidad en los Siglos de Oro, ed. Elena Martínez Carro y Alejandra Ulla Lorenzo, Kassel, Reichenberger, 2020, intro. p. 2

Baldassare Castiglione, El Cortesano, traduction par Joan Boscan de l’original en italien (1527), Madrid, Cátedra, 1994: pour la peinture voir p. 192-198.

Isabel Colón Calderón, Jardines y huertas en la novela corta del siglo XVII, Analecta Malacitana, 2014

Fernando Copello, «Marcos narrativos ajardinados en las colecciones de novelas cortas espanolas del siglo XVII», Actas del XVI Congreso de la AIH, Cervantes virtual: https://cvc.cervantes.es/literatura/aih/pdf/16/aih_16_2_062.pdf

Dominique de Courcelles (dir.), Nature et paysages. L'émergence d'une nouvelle subjectivité à la Renaissance, Publications de l’École nationale des Chartes, 2008 : https://books.openedition.org/enc/740

Craig Harbison, Renaissance dans les pays du Nord, Paris, Flammarion, coll. « Tout l’art », 1995 (titre original : The Art of the Modern Renaissance).

Geisler Eberhard (coord.), La Representación del espacio en la literatura española del Siglo de Oro, Barcelone, Anthropos, 2013

Christine Delfour et Joséphine Marie, Villes hispaniques et Paysages, n° 10, 2017 de L’Âge d’Or, https://journals.openedition.org/agedor/1309

Louis Marin, Études sémiologiques : écritures, peintures, Paris, Klincksieck, 1972

Louis Marin, De la représentation, Paris, Gallimard/ Le Seuil, 1994

Francisco Rico, El pequeño mundo del hombre, Barcelona, Ediciones Destino, 2005

Fernando Rodríguez de la Flor, Barroco. Representación e ideología en el mundo hispánico, Madrid, Cátedra, 2002

Francisco Calvo Serraller, La teoría de la pintura en el Siglo de Oro, Madrid, Cátedra, 1991

Jean-Michel Servet, « Au-delà des leçons de Gulliver et d’une anamorphose d’Holbein, penser les échelles en sciences sociales » dans Bernard Hubert et Nicole Mathieu (éds.), Interdisciplinarités entre natures et sociétés, actes du colloque de Cerisy, coll. Écopolis, vol. 26, Bruxelles, Peter Lang, 2016

Tzvetan Todorov, Eloge du quotidien, Paris, Le Seuil, coll. « Point », 1997 (édition originale, Paris, Adam Biro, 1993)

Tzvetan Todorov, Eloge de l’individu, Paris, Adam Biro, 2000

Gabrielle Van Zuylen, Tous les jardins du monde, Paris, Gallimard, 1994

 

Les propositions sont à remettre aux coordinatrices (ftoucheron.ulco@icloud.com et florence.dumora@univ-reims.fr ) jusqu’au 30 novembre 2021 : une proposition de 200 à 300 mots accompagnée nécessairement d’une note bio-bibliographique n’excédant pas 10 lignes, du laboratoire de rattachement et de l’adresse mail de l’auteur ou autrice.

Les articles devront être envoyés fin mars 2022 accompagnés d’un résumé et de mots clefs en deux langues (français et anglais ou espagnol) et après évaluation seront renvoyés aux coordinatrices dans leur forme définitive pour le 15 novembre 2022 en vue d’une publication dans le courant du premier semestre 2023.

Les articles ne peuvent excéder 40 000 signes espaces comprises et les auteurs et autrices se tiendront aux normes typographiques indiquées sur le site de la revue https://savoirsenprisme.univ-reims.fr/index.php/sep/about/submissions

L’insertion de l’iconographie ne pourra excéder 3 documents. Il incombera aux auteurs et autrices de vérifier les droits de publication et de demander, si besoin est, un financement à leurs laboratoires respectifs. L’insertion de liens URL vers les sites des musées est une bonne solution, libre de droit et lisible.